La multiplicité des diagnostics inquiétants concernant l'état de la planète pose à l'humanité la question redoutée de sa survie. Suite aux échecs répétés des grandes institutions internationales à s'accorder sur des contraintes justes et partagées quant a l'usage des ressources qu'offre la planète, un sentiment d'impuissance gagne les sociétés et les élites qui les représentent, qui hésitent entre l'attente d'un pouvoir fort et la crainte de l'anarchie. Il en résulte une sidération des esprits qui, aveuglés par l'incertitude, se figent dans une fatigue désespérée ou s'évadent dans des aventures prêtes à répandre la terreur.


Dans ce moment de l'histoire, les Églises, dans leur vie de célébration fraternelle comme dans leur service diaconal, se doivent de proclamer en paroles et en gestes la permanence d'un Évangile d'espérance. Elles peuvent le décliner selon quatre axes que ce colloque veut explorer:


  1. Rappeler tout d'abord que ce monde est une création donnée qui n'appartient pas à l'humanité et qui échappe donc toujours aux liens qu'une époque révèle ou lui assigne. La foi en la création est la brèche qui ouvre sans cesse ce monde-ci par delà ses impasses à ce qui peut lui advenir de bon.


  1. Il en résulte qu'une attitude fondamentale est un acquiescement à ce monde, un OUI, car c'est dans ce monde que s'est joué en Jésus-Christ, et se joue aujourd'hui, l'éradication du mal qui conduit à l'émerveillement et à la louange.

       

  1. Mais dans une difficulté à prononcer ce oui, la peur et l'inquiétude si universellement partagées génèrent un désir d’autonomie qui veut se sécuriser et s'enivrer dans la profusion des savoirs, dans l'accumulation des avoirs et le déploiement des pouvoirs. Il convient donc, en confessant la liberté responsable qui nous a été offerte, de discerner les impasses et les perversions de ce monde et de nous en libérer.

       

  1. Cette libération, à l'instar de celle que le peuple de l'Exode a vécue, est chargée d'une espérance salutaire. Ainsi est attesté que le destin de l'homme n'est pas une nécessité qui lui échappe, mais une responsabilité qu'il peut mettre en œuvre. Il peut alors avancer sur un chemin de vie offert en abondance pour la joie, la paix, la réconciliation des hommes entre eux, la réconciliation  avec la création.


À travers ces diverses interrogations l'ambition de ce colloque est de faire l'inventaire des chantiers de réflexions, comme des fronts militants, pour une présence au monde des chrétiens et de leurs Églises.



PROGRAMME

Samedi 29 Novembre 2014


9h30 Accueil
10h00 Ouverture
10h15 Bible et création – Corinne Lanoir
10h45 Les chrétiens et l'écologie : rétrospective et bilan – Jean-Philippe Barde, Frédéric Baudin, Otto Schaefer, Dominique Lang
12h15 Discussion

13h00 Repas (tiré des sacs)
14h30 Ateliers
  • Économie et justice climatique
  • Eau.
  • Pollution et rareté
  • Énergie
  • Patrimoine naturel
  • Evolution du concept de santé et écologie
  • Art et liturgie / Création et contemplation
16h30 Trois aspects du défi écologique : économie, eau et énergie – Arnaud Berthoud, Évelyne Lyons, Jean-François Mouhot
18h30 Fin de journée

Dimanche 30 novembre 2014

9h30 Écologie et spiritualité avec :
Jérôme Cottin : "eco-spiritualité et art contemporain"
Michel-Maxime Egger, : " écologie intégrale et foi chrétienne"
Stéphane Lavignotte : " Quelle base protestante pour une éthique de la nature?"
11h00 Pause
11h30 Table Ronde animée par Olivier Abel

12h30 Repas (buffet froid, sur inscription préalable)
14h00 Restitution des ateliers et discussion en plénière
15h15 Synthèse et conclusion – Frédéric Rognon
16h00 Fin de journée

Intervenants (par ordre alphabétique)
  • Olivier Abel, professeur de philosophie et d'éthique à l'Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier.
  • Frédéric Baudin, professeur à la Faculté libre de théologie réformée d'Aix-en-Provence.
  • Jean-Philippe Barde, économiste, chargé de cours à l'Institut d'études politiques de Paris.
  • Arnaud Berthoud, professeur émérite d'économie à l'université de Lille 1.
  • Jérôme Cottin, professeur de théologie pratique à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Strasbourg.
  • Michel Maxime Egger, sociologue et théologien orthodoxe.
  • Dominique Lang, assomptionniste, journaliste.
  • Corinne Lanoir, professeure d'Ancien Testament à l'Institut protestant de théologie, doyenne de la Faculté de Paris.
  • Stéphane Lavignotte, pasteur de l'Église protestante unie de France, envoyé à la Mission populaire évangélique de France, président du Mouvement du Christianisme social.
  • Evelyne Lyons, ingénieure géologue, professeure à l'Institut catholique de Paris, membre de l'Académie de l'eau.
  • Jean-François Mouhot, docteur en histoire, directeur du Centre des Courmettes pour A Rocha.
  • Fréderic Rognon, professeur de philosophie des religions à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Strasbourg.
  • Otto Schaefer, pasteur de l'Église protestante unie de France, docteur en écologie végétale.