"Les cieux racontent l'œuvre de Dieu" dit le psalmiste mais la Terre, saccagée, pillée, polluée, raconte-t-elle aussi la gloire de Dieu ?

Le courant écologiste est souvent critique à l'égard de la tradition chrétienne. Il met souvent en avant les premiers chapitres de la Genèse. La Bible, en plaçant l'Homme au centre de la Création lui aurait donné tous les pouvoirs et l'aurait autorisé à devenir le Maître de l'univers. Et de citer des passages des récits de la création et de l'après déluge. "Multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez- la" (Gen.1, 28). L'humanité serait donc invitée par Dieu à soumettre et à dominer les autres créatures. Et aussi cette recommandation de Dieu à Noé : "Soyez la crainte et l'effroi de tous les animaux de la terre et de tous les oiseaux du ciel, comme de tout ce dont la terre fourmille et de tous les poissons de la mer ; ils sont livrés entre vos mains" ( Gen. 9,2).

Aujourd'hui les interprétations de ces récits apportent quelques nuances à cette domination totale de l'homme sur la création et sur le fait qu'il peut faire tout ce qu'il veut.

"Si la création, dit Jacques Ellul, s'enracine dans l'amour et la liberté, autrement dit si Dieu conduit sa création dans l'amour, par l'amour, en vue de l'Amour, il doit en être de même pour l'homme, celui ci ne doit pas gérer cette création pour la puissance et la domination, mais en tant que représentant de l'amour de Dieu. Cela aussi est signifié par l'épisode de l'attribution des noms aux animaux : on ne nous dit pas qu'il les domine en leur mettant des colliers ou des chaînes et en les réduisant à son service, mais en les baptisant. Ils sont en effet des objets d'un amour".

Je trouve aussi que l'erreur, comme souvent, consiste à tirer une phrase de son contexte historique, sans tenir compte du genre littéraire. Ici, nous sommes en présence de deux récits de la création, de surcroît mythiques dont le sens doit être bien interprété ; e. a. " l'homme créé à l'image de Dieu "(Gen 1, 26-27) et "l'interdit sur l'arbre de la connaissance du bien et du mal"(Gen 2, 17)

La première citation sous-entend que l'homme qui a été promu gestionnaire de l'univers doit poursuivre la création avec le même amour que celui que Dieu porte à ses créatures.
La seconde nous laisse entrevoir que tout n'est pas permis, que la liberté mal utilisée aboutit à une impasse. L'homme n'est qu'un intendant, il doit rendre compte de sa gestion, il ne peut transformer le monde au profit de quelques-uns uns, sans partager les biens de la terre ni respecter les équilibres naturels comme la biodiversité et les écosystèmes.  Et dans le cas contraire, les guerres et les dérèglements climatiques sont là pour rappeler la responsabilité de l'homme
                                                                                               Jean-Marie  Delcourt ( St Jean-du-Gard)