La diaconie, thème synodal de cette année ne peut laisser insensible le collège des Oeuvres et Mouvements. Interroger la diaconie au sein de l’ERF, c’est en partie revisiter le lien entre l’église, ses œuvres et mouvements. C’est aussi, dans un contexte de crise économique et écologique sans précédent, explorer de nouveaux terrains pour cette diaconie, de nouvelles manières d’agir.

L’Eglise est au seuil des œuvres et mouvements, comme les mouvements sont au seuil de l’Eglise. Ni dedans, ni dehors, le seuil est un lien et un lieu de circulation. Ce lien est au cœur de nos engagements réciproques, il en fait la richesse et la complémentarité.


Les œuvres et mouvements sont mus par le même souci de mise en œuvre évangélique. Les moyens et les acteurs différent de ceux de l’Eglise. Ils se complètent. L’action des œuvres et mouvements fait pleinement partie de la vie cultuelle de nos communautés.

Dans cette relation, l’Eglise, par sa prière, son annonce de l’évangile, a vocation à éclairer et soutenir le travail des œuvres et mouvements qu’elle a choisis. Elle a un rôle prophétique. Elle doit discerner et encourager ses membres à s’y investir.

Dans cette même relation, les œuvres et mouvements, par leurs œuvres, leur implication dans la cité, la diversité de leurs membres, témoignent de la réalité évangélique. Ils témoignent tant dans le monde qu’au sein des églises.

Cette fragile relation n’existe que si ses parties prenantes la font vivre, s’y investissent, se connaissent et se reconnaissent comme complémentaires. Le collège des œuvres et mouvements affirme son attachement à cette relation qui fonde l’action de ses associations membres.

En 2009, une crise sans précédent s’est abattue sur nos sociétés.

  • La crise économique fait exploser le chômage, les précarités, les fragilités, la pauvreté.. L’avenir apparaît de plus en plus incertain.
  • Une crise écologique majeure nous montre ses prémices. La raréfaction des ressources, le dérèglement climatique, entrainent des catastrophes humanitaires sans précédent.
  • Une crise de l’Humain surtout, qui fait de l’homme un consommateur réduit à ce qu’il achète, de l’étranger un indésirable traité en criminel, des jeunes une menace plutôt qu’une promesse d’avenir. Le temps semble s’accélérer. L’Humain n’a jamais été aussi seul.

Nous ne pouvons nous résigner à ce monde-là. Nous espérons un monde meilleur, la réalisation d’une Bonne Nouvelle. Refusant le fatalisme, nous agissons de toutes nos forces pour construire ce monde meilleur, avec tous ceux qui partagent notre espoir, chrétiens ou non.

La diaconie, réponse à l’amour premier de Dieu, partage de la bonne nouvelle de Jésus-Christ, ne se limite pas aux seules activités de bienfaisance. Luttant « contre les fléaux sociaux1 », elle procède aussi, surtout, de la bienveillance des uns envers les autres2. À la dimension de bienfaisance, nous voulons associer étroitement une dimension environnementale et une dimension éducative. Ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui bâtiront le monde de demain.

La diaconie ne se limite pas à l’action de nos mouvements. Elle commence dans notre quotidien, dans la vie de nos paroisses et de nos associations. Prenons le temps de nous dire bonjour, de donner de l’attention à chacun. Développons une vie simple et plus respectueuse de l’environnement, mais enrichie de relations humaines. Interrogeons nos consciences dans la prière. Par ces témoignages individuels et collectifs d’un monde plus fraternel et soucieux de préserver l’environnement, nous préparons ensemble « la venue de celui qui vient ».

Parlons, nous serons entendus.

Agissons, nous serons suivis.

Vivons nos projets, ils rassembleront.

Telle est notre ambition et notre espérance pour les années à venir.

1 Déclaration de foi de l’ERF

2 « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » Jean 13, 34-35