Marrée noire en Louisiane où BP semble impuissant même à grand renfort de balles de golf et de pneus à arrêter la coulée de l’or noir dans la mer. Tchernobyl, Amoco Cadiz, Exxon Valdez, et d’autres désastres nous rappellent que le rapport de forces entre l’homme et la nature est bien inégal et que l’équilibre entre le progrès technologique et la puissance de la nature reste fragile.

Quel est l’avenir qui s’ouvre devant nous ? Est-ce qu’il s’agit d’un retour ? Un retour à un temps plus simple, plus « en phase » avec les cycles de la nature, des saisons et des forces naturelles. Notre technologie est allée trop loin et elle nous a embarqué dans une fuite en avant que nous ne contrôlons plus, que ça soit dans le domaine de l’énergie, de la médecine ou ailleurs. Est-ce qu’il s’agit d’un moratoire ? Il suffit de mettre le frein et de faire un inventaire d’où nous en sommes afin de se donner le temps de prendre des bonnes décisions pour notre avenir. Est-ce qu’il faut « appuyer sur le champignon » ? Les seules solutions à nos problèmes se trouvent devant nous. L’histoire humaine nous montre que souvent c’est à la onzième heure que nous avons trouvé des réponses afin de pouvoir dormir sur nos deux oreilles et de nous réveiller plus « avancés » au petit matin.

Car nous sommes devant une crise environnementale sans précédent. Nous le savons bien. Nous ne savons pas comment faire face à cette crise qui met en question l’avance fulgurante de la communauté humaine sans mettre en péril le développement des communautés non-humaines. Tous (religieux ou non, tiers-monde et occident, pauvre et riche) sont d’avis qu’il faut trouver un équilibre entre la satisfaction des besoins essentiels humains et sauvegarder la biodiversité qui fait de notre planète un lieu qui soutient la vie et l’évolution. Malgré cela il nous manque la conviction nécessaire de changer radicalement notre façon de vivre. Pourquoi cela ? Peut-être parce que nous vivons le problème comme étant essentiellement un problème technique en attendant une solution technologique. Mais peut-être le problème est-il plus profond et la solution n’est pas du domaine de savoir-faire mais bien du coeur. La crise de notre monde est une crise spirituelle. Une crise spirituelle parce que nous avons perdu notre sens d’être « interconnecté » à l’ensemble de choses. Nous sommes éloignés de ce sens d’appartenir à un tout, ne faire qu’un avec la nature, avoir une dimension spirituelle et d’être habité de l’esprit fondamental de l’existence humaine. En nommant la crise « crise spirituelle » je veux de cette manière la baptiser comme étant un problème religieux. La promulgation de certains enseignements religieux nous a conduit aux ravages de la nature. Par exemple la vision de Dieu créateur qui reste éloigné de sa création en l’offrant à l’homme comme une possession est responsable d’une aliénation du créateur et création. Si la crise est essentiellement spirituelle, alors des pistes de réflexion s’ouvrent égallment dans le domaine spirituel.

A l’Assemblée Générale de la paroisse de Luneray nous avons lancé un chantier « Éco-paroisse ». Nous allons en parler dans ce journal, dans nos rencontres et dans le Conseil Presbytéral. Il ne s’agit pas d’établir des projets techniques, il ne s’agit pas de nécessairement changer toutes les ampoules (mais nous pouvons déjà commencer par là !), il ne s’agit pas d’apprendre aux autres comment vivre d’une manière « verte ». Il s’agit de regarder à nouveau les textes bibliques fondamentaux pour apercevoir la relation que Dieu établi avec sa création. Il s’agit de re-découvrir que notre Dieu est écologique. Il s’agit de revoir nos programmes de l’Ecole Biblique, KT, partages bibliques, prédications, publications... afin de réfléchir ensemble sur le lien profond qui nous lie tous à notre environnement et à Dieu. Les implications de ce chantier sont énormes et elle sont vitales – pour notre survie physique et spirituelle.

Seules les églises se placent sur le terrain spirituel et seules les églises peuvent indiquer la voie du salut, seules les églises parlent de cette nécessaire conversion du coeur. Etant membre des églises nous avons la tâche et la responsabilité de nous engager avec l’Esprit de Dieu qui tisse les liens d’interdépendance et qui suscite un mouvement de guérison.

Andrew Rossiter vendredi 25 juin 2010