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La référence à l’œuvre législative hitlérienne en matière de protection de la nature et des animaux, via une citation d’un ancien ministre (UMP) de l’éducation nationale (Réforme n°3382 du 9 septembre 2010) ne fera pas beaucoup avancer la réflexion théologique sur les questions de préservation et de partage des ressources de la Création. Et l’article d’Antoine Nouis, s’il ouvre la question du moteur de la conversion : « gratitude ou peur ? », avec la présentation de la pensée d’Hans Jonas et de celle d’Olivier Abel laisse un peu sur leur faim tous ceux qui dans l’Eglise attende que les théologiens protestants francophones se saisissent de ces problématiques.

Il y a un fossé entre les attentes de plus en plus fortes de membres de l’Eglise pour une réflexion qui puisse guider et stimuler leurs changements de modes de vie et la pauvreté du débat théologique ou philosophique depuis que Schweitzer, Ellul et Monod se sont tus. Il parait pourtant indispensable d’animer le débat sur la crise écologique, au sein de l’Eglise comme dans la société, à partir des mythes de la Genèse comme des apocalypses du nouveau testament.

A laisser l’écologie aux mains des tenants de la divinisation de la nature, style new age, de la défense de l’ordre naturel, façon catholique ou de la culpabilisation de l’occidental, sauce Conseil Œcuménique des Eglises, l’écolo-scepticisme a de beaux jours devant lui.

Thierry FABIAN, Caen

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Sous prétexte de distinction, Antoine Nouis reprend les amalgames anti-écolo de Luc Ferry. Certes, le parapluie est ouvert. Il ne s’agit que de la seule « tendance dure de l’écologie » qui est assimilée aux nazis et nommément à Hitler. Mais pourquoi citer ce polémiste de l’UMP ?

La malhonnêteté de Ferry a consisté a travaillé sur la « deep ecology » américaine pour régler ses comptes avec le mouvement écologiste français qui n’a rien à voir avec ça ! [...] Antoine Nouis semble ignorer que les différents pays européens ont, de fait, progressé plus ou moins vite en matière de législation de protection de la nature.

Le goût des Allemands pour la nature s’inscrit dès avant 1914 dans une tradition, une culture, des lois, des pratiques différentes des nôtres comme ces trains du dimanche qui conduisent en masse les citadins vers la nature. [...]

Quant au problème mal posé du « catastrophisme ou optimisme », on en reparlera.

Il serait temps que l’on raisonne non pas « états d’âme » mais constat réaliste sur les rouages de la société technicienne qui avance, elle, sans état d’âme, sans contrôle et sans pilote.

Michel Rodes