Sous l’impératif "technologique"

Pourquoi est-il si difficile de regarder les réalités en face ? L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère n’est pas tombée du ciel ! Il y a déjà au moins une cinquantaine d’années que certaines personnes averties ont identifié ce danger de pollution atmosphérique. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour calculer les milliards de tonnes de CO2 que nous diffusons dans l’atmosphère et pour évaluer le point critique du seuil de saturation et le déclenchement de l’effet de serre.


Il est légitime d’avoir peur des conséquences de notre folie.

Ne pas vouloir faire peur part d’un bon sentiment, mais nous n’en sommes plus là ! Quand la colossale société technicienne –fragile par ailleurs- s’est mise en marche, peu nombreux étaient ceux qui alertaient sur le devenir de cette société qui deviendrait nécessairement liberticide et bio éradicatrice. L’imbrication du nucléaire civil et militaire en a pourtant fait réfléchir plus d’un, à commencer par Einstein lui-même. L’élimination méthodique et scientifique de toute vie animale et végétale, ne serait-ce que dans les sols que nous "exploitons" ne date pas d’hier; l’extinction de nombreuses espèces animales et végétales n’est pas du tout surprenante…(et on a le culot de faire une année sur la "biodiversité" en se gargarisant de toutes nos éblouissantes découvertes scientifiques prometteuses !) Mais la colossale machine a prospéré « sans que nous la dominions » (telle était pourtant la volonté du Dieu de la Genèse en nous confiant la terre et tout ce qui y habite et en nous demandant de ne pas être "soumis" aux forces naturelles -même domestiquées !-) partout dans le monde, et nous sommes aujourd’hui entraînés malgré nous à faire ce que nous ne voulons pas. Nous en sommes réduits à dire : « Nous n’avons pas voulu cela » : certains se sont battus pour dérouter la machine quand il était encore temps, mais ils se sont fait battre !


Vouloir aujourd’hui mobiliser les opinions "mondiales"

part aussi d’un bon sentiment, mais n’est-ce pas là une grande illusion ? C’est comme si en 1939, un petit groupe minoritaire s'était senti capable d’inverser la vapeur du train du nazisme. Sauf qu’aujourd’hui, ce ne sont plus les politiques qui ont les rênes du pouvoir. Nous sommes dos au mur et littéralement emprisonnés dans cette société technicienne. Le pouvoir est désormais plus diffus, il repose sur des technocrates qui ne débordent surtout pas de leur champ de compétences et qui agissent à l’image de ces fonctionnaires d’instances internationales dont nous parle Boutros Boutros-Ghali. L’eau, l’air, la terre, ce n’est pas leur problème, même si ils sont sûrement très bien payés pour s’en occuper !
« Exister c’est Résister » a dit notre ami Jacques Ellul. Et c’est bien dans cette situation que doit s’exprimer aujourd’hui l’espérance juive et chrétienne. C’est au nom de cette espérance que nous devons dire « non » et ne pas nous résigner, même si nous nous accordons très peu de chances de gagner sur l’adversaire. Ainsi Ezéchiel déporté à Babylone, ainsi Jean sur l’île de Patmos, mais aussi Marie Durand et tous les autres qui ont su résister aux forces totalitaires d'intégration mises en oeuvre par les pouvoirs en place.


L’homme contemporain est pétri d’idolâtrie

ni plus ni moins que du temps de la république et du grand empire de Rome. Les Romains se confiaient volontiers à de multiples divinités dans leur vie de tous les jours ! Mais nous-mêmes, ne nous croyons-nous pas supérieurs ?
Ne nous croyons-nous pas au sommet et à l’aboutissement de toutes les civilisations'' qui ont pu exister sur toute la terre et à travers tous les âges !
Pourquoi la théologie ne s’attaque-t-elle pas au « mythe du progrès » ?
Notre univers contemporain est lui aussi peuplé de tout sorte de divinités que nous idolâtrons, mais que nous n’appelons pas de la même façon que du temps des Romains !
Que ce soit la voiture, la télévision, l’ordinateur, internet, le ipad, le laser, les radars, les consoles de jeux, la high-tech, la pilule, les implants, le clonage dit thérapeutique, les nano et bio technologies, les drogues diverses et variées, les médicaments et les molécules révolutionnaires, les robots dotés d’intelligence artificielle…. ..tout cela joue exactement le même rôle et assure les mêmes fonctions que ces multiples petits dieux qui peuplaient la vie quotidienne des Romains des premiers siècles. Ils satisfont à notre quête de bonheur, de prospérité, de richesse, de réussite, de santé, de fertilité, de sécurité, de beauté, d'amour.....

Nous sommes transformés (comme dirait Paul) par le miracle permanent de la science et de la technique, auxquelles nous nous confions corps et âme sans même en avoir réellement conscience. Tout cela est devenu tellement naturel et tellement banal qu’on se demande bien pourquoi toutes les générations précédentes ont végété aussi longtemps avant que l’homo technicus n’arrive, tel un nouveau dieu !


Mais au fait, et la vie dans tout cela ?

Le devenir de la planète ou plutôt de la vie sur terre, c’est aussi notre devenir. Nous faisons partie de la création, au même titre que frère soleil, que sœur lune, que frère vent, que sœur eau, que frère feu, que sœur notre mère la terre et même que sœur la mort ! Qu’il était bien inspiré ce François d’Assise ! Nous faisons partie de la création, et nous ne serons jamais que des créatures.

C’est en ce sens que nous avons été placés au sommet de la Création, car Dieu nous réserve depuis le début sa grâce et Il entend nous sauver de notre aliénation, (ou de notre perdition –comme vous voudrez-) mais ce ne sera jamais contre notre gré ! Jamais, Il "n'imposera" sa grâce ! (Nous serions alors des pions)
Une créature sans son créateur est pour ainsi dire déjà morte.
Au-delà de cette mort, la vie elle, renaît uniquement par la grâce du Créateur, notre Dieu et sauveur.
Que dire d’autre, même si nous étions aux portes de la mort, sinon Schema Israël, Hoschiah Yahweh. Oui, écoute ton Dieu et ton Créateur où que tu sois et quelque soit ton sort et confie-Lui ta route. N’écoute plus les sirènes du progrès, résiste et s'il le faut sors de ce monde….. Ô mon peuple.


Christian Moreau, Besançon le 20 10 2010