Les chrétiens s’invitent au débat, et nous ne pouvons que nous en réjouir : les chrétiens et l’Église ont à se prononcer sur des questions comme celle du nucléaire.

Cependant, soyons réalistes, -soit leur parole viendra comme un cheveu sur la soupe, car aujourd’hui, seuls comptent les arguments d’ordre technique, qu’ils soient d’ailleurs dans un sens ou dans l’autre- soit leur parole sera comme le levain qui fait lever la pâte, et pour le coup, nous serons bien

En présence d’une parole prophétique –celle qui pré- vient -


«Robin Sautter et Eckhart Altemuller (cf : article Vers une déclaration des chrétienEs sur le nucléaire ? ) nous interpellent sur la question du nucléaire. Ils veulent redonner un sens à notre avenir et appellent de leurs vœux une parole prophétique des Églises….. »
Dans un premier temps, il n’est pas inutile de se demander si une telle parole eût été entendue, quand bien même elle aurait été prononcée. Car c’est cela le problème de la parole prophétique, elle peut attirer une foule nombreuse et même avoir un franc succès, mais la parole prophétique est aussi celle qui déjoue toutes nos attentes !
Pour mieux illustrer cette confrontation à la Parole prophétique, j’avais choisi de proposer -dans un article de presse qui n’est pas paru- les deux exemples suivants :
Jean le Baptiste rappelons-le, prône le jeûne, la pénitence, la repentance face au jugement à venir et il a effectivement un franc succès, il baptise les foules, mais dans le même temps,

Jean le Baptiste annonce et prophétise Celui qui vient,

et nous savons parfaitement bien quel accueil fut réservé à Jésus ! Jésus le dit très clairement quand Il proclame : « Et pourtant, il y a ici plus que Jonas » (Lc. 11,32); Ninive a entendu la parole de condamnation prononcée par Jonas, et elle fut sauvée; la « génération dévoyée et pervertie » (Ph. 2,15) décrite par Jean le Baptiste et Jésus, ne reconnaîtra pas la parole que lui adresse son Sauveur.

La parole prophétique annonçant le dépeçage de la Terre a bel et bien été prononcée, y compris par des chrétiens, l’Église s’en emparera-t-elle et la fera-t-elle entendre ?

Pour mieux comprendre le rôle de cette Parole, prenons un tout autre exemple, et quant à faire, sortons de la sphère protestante.

En mars 1937, à la Fête des Rameaux, paraissent deux encycliques papales

diffusées en Allemagne et en Russie à la barbe du pouvoir nazi et du pouvoir communiste. Pie XI condamne les crimes racistes à venir du fascisme nazi et le fléau satanique à venir du totalitarisme communiste. Pie XI prononce une parole, ô combien terrible et prophétique. Certes, la situation n’est absolument pas comparable, mais

c’est bien de la lucidité et de la vérité de la parole prophétique que l’Église doit se saisir et c’est par cette parole de Vérité que seront reconnus et condamnés les fléaux qui accablent et défigurent notre monde


Ce monde serait-il condamné, comme à Ninive, il reste et il restera pour toujours appelé au Salut. La parole prophétique, tout en proclamant souvent une grande menace, voire une terrible condamnation apporte en même temps une parole de Salut, celle émanant d’un Dieu qui vient encore et toujours au devant de Sa Création quelque soient ses crimes et sa folie destructrice.


Christian Moreau
Besançon le 11 Juillet 2011