Il se situe dans la ligne de l’intervention de Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats à la Secrétairerie d’Etat au Vatican, le 27 septembre 2013 devant l’Assemblée générale des Nations Unies : « Sur la base du Traité de Non-prolifération, il est demandé aux Etats de s’engager de bonne foi dans la voie d’une élimination négociée des armements nucléaires. Or il n’y a pas de bonne foi lorsque les puissances nucléaires modernisent leurs puissances programmes d’armement tout en continuant à faire des déclarations en faveur du désarmement. »

Le Parlement va prochainement examiner la loi de programmation militaire pour 2014-2019. Les médias ont souligné à juste titre l’ampleur des réductions d’effectifs que devra assumer la défense défense. Mais les décisions de modernisation de l’arsenal nucléaire ont peu retenu l’attention.

Alors que la France dispose d’une capacité nucléaire maritime et aérienne récente suite à l’effort budgétaire consenti depuis des dizaines d’années il est maintenant proposé de construire un nouveau sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3e génération, de mettre au point une troisième version, plus puissante, du missile balistique embarqué sur ce sous-marin et d’accroître les capacités du missile aéroporté à tête nucléaire.

Or, le Traité de Non-prolifération (TNP) est fondé sur un équilibre : en échange du renoncement de la quasi-totalité des Etats à l’armement nucléaire, ceux qui le possèdent s’engagent à le réduire progressivement jusqu’à son élimination. Ce traité laborieusement pérennisé donne lieu tous les cinq ans, à une Conférence d’examen. La prochaine se tiendra en 2015.

Les modernisations d’armes nucléaires contredisent les engagements internationaux pris, notamment au titre du TNP, suscitent la réprobation des Etats non dotés, affaiblissent les négociations possibles avec l’Iran, et surtout découragent les peuples et les opinions qui aspirent à la paix sans les risques graves liés à la présence de milliers de ces armes.

La France pourrait proposer aux Etats nucléaires d’examiner avec elle les moyens d’une limitation de la course à l’accroissement qualitatif des arsenaux.

17 octobre 2013

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