Le titre choisi pour cette communication suppose deux préalables :

  • Tout d’abord qu’il y ait un regard chrétien – spécifique, particulier, identifiable comme tel – sur le monde et la société qui nous environnent et donc un regard qui, tout en étant attentif à d’autres points de vue, veut exprimer sa singularité.

  • Et d’autre part que les événements dont les médias nous font part puissent se résumer en un mot : « la Crise »

Je m’emploierai donc tout d’abord à décrire la crise, à en préciser les contours, à mettre des mots sur des réalités ; ensuite, j’essaierai de caractériser quelques comportements fréquents en face de cette crise. Puis je m’attacherai à dire, d’un point de vue chrétien, quels sont les traits saillants de cette crise, ce qui, derrière la multiplicité des faits, se cache ou se révèle. Et cela sans rester au niveau du simple regard, mais pour esquisser quelques pistes, quelques convictions, quelques pratiques qui, au-delà des impasses et des désespérances, peuvent être comme un bagage pour une traversée du désert qui, si elle ne débouche pas sur une terre promise, maintient l’espérance d’une histoire bonne et heureuse pour la Création et les hommes et les femmes qui l’habitent.

Mais avant tout, et sans chercher à justifier cette démarche, je voudrais redire l’importance et la nécessité de ce regard chrétien. Et cela pour deux raisons majeures :

  • Tout d’abord, l’Evangile sur lequel s’appuient les chrétiens, s’il est une nourriture pour la vie personnelle, est aussi et surtout un message d’espérance, une Bonne Nouvelle pour le monde, son histoire, ses institutions. Le Royaume dont il est question n’est pas uniquement un au-delà mystérieux ou chacun de nous trouvera une juste place dans une vie éternelle harmonieuse et paisible, mais aussi une réalité présente, un ferment, une graine de justice, de paix, de solidarité dont les chrétiens doivent être les témoins dès maintenant.

  • Ensuite, les chrétiens et, plus largement, les Eglises ne peuvent pas s’exonérer des responsabilités de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Vous le savez, il y a en particulier ce passage du livre de la Genèse où Dieu autorise et encourage l’homme à dominer et à se soumettre toute la Création. Certains y ont vu les racines d’un des maux dont nous souffrons, cette croissance illimitée – et peut être irresponsable – qui déclenche la crise écologique qui nous menace tous.

Alors, dans ce contexte, les chrétiens peuvent et doivent s’exprimer, d’autant que la plupart des discours qui sont tenus par les responsables des Nations, tout en esquivant les vrais problèmes, sont assez pessimistes et qu’il est urgent, dans une lucidité véritable, de dire une espérance.

Nous sommes dans une époque où se sont effondrées beaucoup de certitudes :

  • celle d’une société communiste qui a été l’espoir de nombreux peuples au cours du XXème siècle,

  • celle d’une science qui saurait répondre à tous les questionnements et d’une technique qui apporterait le bien-être à la très grande majorité,

  • celle d’un marché planétaire censé sortir de la misère les peuples les plus exposés à l’exploitation, à la malnutrition, aux catastrophes naturelles.

Dans cette époque, au dire de certains vide de sens et dénuée de projets, les chrétiens doivent se sentir appelés, par une impérieuse nécessité mais en même temps par une sérénité chargée d’espérance, à dire ce qui, de leur point de vue, doit changer. Et en même temps ils doivent, comme des balises, mettre en œuvre les prémices d’un avenir nouveau. Sans nostalgie d’un passé de chrétienté, mais dans la certitude d’un témoignage à rendre, ils doivent se mettre au service, avec d’autres, d’un monde qui souffre et attend que surgissent du neuf, du beau, du bon et du durable.

Fidèle à Moïse qui n’a pas abandonné le peuple que Dieu lui avait confié pour traverser le désert, fidèle à Jean-Baptiste qui exhortait ses contemporains à changer de comportement, fidèle à Jésus Christ qui n’hésite pas à prendre le risque mortel d’une parole vraie, dérangeante mais salutaire, l’Eglise d’aujourd’hui, sans prétention ni arrogance, se doit de jeter la lumière de l’Evangile sur la crise qui nous touche, d’y insuffler l’espérance vivante dont elle a hérité et de tracer les sillons d’une fraternité renouvelée dans un monde qui meurt sur un chemin sans issue.

I – Alors, cette crise ou, plutôt ces crises

Vous ne serez pas surpris si je dis que l’ampleur de cette crise est inédite. Bien sûr, avant nous, des empires se sont effondrés, d’autres les ont remplacés. Ne serait-ce que dans l’histoire biblique, on voit Ninive supplantée par Babylone, Babylone supplantée par Athènes, Athènes supplantée par Rome. Mais aujourd’hui Beijing ou New Delhi ne supplanteront jamais Berlin ou Washington. La crise sous toutes ses formes est mondiale.

Si l’on a craint un temps la destruction de la planète par le nucléaire (il ne faut pas l’oublier, c’est la première fois dans l’histoire que l’humanité a eu la capacité militaire de se détruire en totalité) on peut craindre aujourd’hui que la destruction de la vie sur terre ne soit le résultat d’une exploitation illimitée des ressources. Exploitation qui, si elle ne cesse pas maintenant à l’échéance d’une génération, engendrera des catastrophes qu’aucun état, qu’aucune gouvernance mondiale ne sera en mesure de juguler. C’est la première crise majeure à laquelle nous nous affrontons, celle du rapport de l’homme à la nature, à la création, à son environnement.

La deuxième crise, c’est celle de notre capacité à vivre ensemble. Vivre ensemble dans nos sociétés, vivre ensemble entre les peuples. L’exploitation de la nature s’est faite, il faut bien le dire, dans une distorsion de plus en plus grande entre les bénéficiaires du développement et les laissés-pour-compte du sous-développement. Nos sociétés, pourtant démocratiques, ont laissé se mettre en place un système pervers où l’enrichissement des uns s’est toujours fait sur le dos d’une majorité qui, bien que relativement bénéficiaire d’une croissance matérielle, s’est trouvée toujours plus distancée par une oligarchie marquée par la cupidité et le désir de rentabilité de ses capitaux financiers au détriment de la condition de vie et de travail de la grande majorité. Cette crise du « vivre ensemble » a un nom : l’injustice.

Et puis, bien sûr il faut l’avoir en tête, nos peuples – privilégiés en un sens, puisqu’ils ont bénéficié, après la colonisation, d’un néocolonialisme où, par des contrats inéquitables, d’autres peuples ont été asservis – sont affrontés aujourd’hui au désir compréhensible de ceux qui, voulant quitter des terres où la détresse règne, aspirent à trouver un havre de paix parmi nous. L’immigration, dont on nous dit à longueur de journée qu’elle menace notre bien-être, notre sécurité, n’est que le juste retour de nos pratiques du passé et de notre présent, même si, de ci de là, certains secouent le joug. Oui il nous faut vivre ensemble ! Ces écarts que nous avons subis, ces écarts que nous avons suscités, ces écarts dont nous avons profité, il nous faut aujourd’hui les assumer et, loin de nous laisser bercer par les alarmes sécuritaires, il nous faut aujourd’hui savoir que cette crise du vivre ensemble qu’on veut réguler par des quotas aux frontières ne fait que commencer. L’ampleur des migrations à venir n’a rien à voir avec ce qu’il en est aujourd’hui.

Mais, au-delà de ces crises majeures, d’autres aussi marquent nos sociétés. Il y a celle qui fait en ce moment la une de tous les medias : la crise financière. Crise qui illustre bien cette irresponsabilité commune à bien des gouvernements, de droite ou de gauche, dans nos états dits développés : crise des liquidités, de la monnaie en circulation qui n’a plus aucun rapport avec la réalité des biens ou des services échangés, doublée par la crise de la dette dont nous sommes complices puisque depuis des décennies, victimes bien sûr de la publicité et du marketing, nous avons accepté de vivre au-dessus de nos moyens. Aujourd’hui ce monde-là s’effondre et, dans cet effondrement, il est quasiment certain qu’une crise sociale majeure se profile à l’horizon, une crise sociale qui va peut-être exacerber tous les réflexes de peur et de méfiance qui se mettent en place lorsque les menaces sur les biens, quand ce n’est pas sur les personnes, se précisent.

On voit déjà se répandre l’explosion du sentiment d’insécurité, alimenté par les medias et surtout par les petites phrases honteuses d’apprentis sorciers. Sournoisement, puis publiquement, se mettent en place des dispositifs, des arsenaux de textes répressifs qui, menaçant les libertés, nous conduisent à l’étouffement. On pourrait continuer allègrement cette description d’une société malade, malade des impératifs de concurrence, de performance, d’efficacité, de réactivité. Alors, dans ce monde, des voix s’élèvent, des comportements se mettent en place, qui sont autant de manières de s’aveugler sur la réalité.

II – Quelques comportements d’esquive des crises

J’en viens ici à mon deuxième point où il s’agit d’évoquer quelques comportements d’esquive des crises qui nous touchent.

  • Il y a d’abord ce personnel politique qui, sans distinction d’appartenance, s’entête à faire miroiter un retour plus ou moins prochain de la croissance. Malgré le ton empreint de gravité de certains, l’issue de la crise qui nous atteint semble, pour la plupart d’entre eux, être liée à un retour de la croissance. Pour des raisons qui, je l’espère, ne sont pas uniquement électorales, il y a comme un consensus dérisoire à promettre encore des lendemains qui chantent. On le voit notamment par le refus d’employer le mot « austérité ». Serait-ce que l’austérité obligerait à plus de justice, à plus de solidarité et que cela donne le haut-le-cœur aux privilégiés de notre société ? Nous sommes loin d’un Winston Churchill qui osait, dans un discours programme, n’avoir qu’à offrir de la peine, du sang, de la sueur et des larmes !

  • Il y a ceux qui ne nient pas ce futur difficile mais adoptent une philosophie personnelle empreinte de mépris relevant du vieil adage « après moi le déluge » et qui, comme si rien ne changeait, cultivent sur leur planète égoïste la toute-puissance et la toute-jouissance immédiates.

  • Il y a ceux qui, conscients aussi de la fin d’un monde sans avenir, s’anesthésient dans des addictions de toute nature. Je mettrai tout ensemble ceux qui s’adonnent aux drogues dures, ceux qui s’épuisent dans un travail insensé, ceux qui se réfugient dans des sectes animées par des gourous aussi stupides que cupides. La violence terroriste relève aussi de cette addiction à une religiosité qui pense atteindre le bien en répandant le mal. Tous ces comportements sont le symptôme d’un désespoir suicidaire.

  • J’ajouterai à cette énumération ceux qui, incapables de vivre une réalité incontournable, se réfugient dans le virtuel. Les uns ont été brisés par le fait de n’être plus qu’un numéro en attente en face d’un guichet, impuissants à trouver des solutions qui deviennent de plus en plus urgentes. Les autres se sont réfugiés en face d’écrans qui les mobilisent des heures durant, les détournent du réel et leur donnent la satisfaction virtuelle d’être encore quelqu’un et de servir à quelque chose. Notre société, qui a érigé sa vie publique en spectacle, est en train de convaincre une part grandissante de nos concitoyens que l’image est plus vraie que la réalité et qu’un bon reality show soigne bien mieux qu’une pétition ou une revendication.

Cependant il y en a encore qui pensent, contre vents et marées, que tout n’est pas joué, qui font obstacle au vieux discours libéral de Madame Thatcher qui disait en son temps : « On ne peut pas faire autrement ». Il y en a encore qui pensent et agissent pour que l’avenir ne soit pas le jouet d’une gouvernance mondiale manipulée par une oligarchie internationale aux intérêts étroitement liés, mais soit rendue aux peuples, à ceux qui travaillent et qui peinent pour pouvoir vivre et laisser en héritage à leurs enfants une terre encore vivable, une société conviviale.

III – Que peuvent faire les chrétiens ?

Et j’en viens à mon troisième point :

  • Les chrétiens ont-ils une parole particulière à dire à ce monde ?

  • Les chrétiens ont-ils des gestes particuliers à inscrire dans l’Histoire telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui ?

J’ai envie de dire tout d’abord qu’ils doivent être des ferments de lucidité. Disciples de celui qui a dit : « Je suis la vérité, le chemin et la vie », leur parole doit être empreinte de lucidité, porteuse de lumière, de vérité. Mettre à nu ce qui est caché, camouflé, voilà une première audace salutaire que nous pouvons mettre en œuvre. Je ne pense pas caricaturer en disant ceci. Il y a dans notre monde une accoutumance au mensonge qui interdit tout véritable échange. Et ici je ne vise pas telle ou telle personnalité prise en flagrant délit de mensonge, mais plutôt l’élaboration persistante d’un langage sophistiqué qui, dans la bouche de nos dirigeants, n’a qu’un but : modifier, voire dénaturer le réel. Un premier ministre, Michel Rocard, avait voulu restaurer le parler-vrai. L’intention était louable. Mais lui-même ne se rendait pas compte de l’enfermement dans lequel la parole publique, prisonnière des medias et des échéances électorales, se débattait sans cesse.

Quand donc se lèvera celui, parmi nos élites, qui osera dire, à l’instar de Churchill : « La croissance c’est fini, un monde est en train de passer ; il y aura de la peine et des larmes, mais nous aurons l’espérance de la fraternité ».

C’est peut-être bien aux chrétiens de dire à ce monde qui tremble que la fin d’un monde n’est pas la fin du monde, qu’un avenir heureux est possible. Mais ce avenir heureux, dans le redoutable désert qu’il va falloir traverser, ne s’apercevra à l’horizon que si, sur le chemin, nous sommes assez fraternels pour redistribuer les richesses, partager les ressources, retrouver de la sobriété dans l’usage des biens, de la simplicité dans le comportement.

Le texte biblique nous apprend que le peuple d’Israël, lorsqu’il pénétra en Palestine sous la houlette de Josué, se partagea la terre de manière équitable entre tribus, clans et familles. Il instaura par ailleurs le régime de l’année sabbatique et celui de l’année jubilaire. Il s’agissait simplement, tous les 50 ans, de remettre, pour ainsi dire, les comptes à zéro. Quelle qu’aurait été l’histoire au cours de ces 50 ans, les uns auraient dû se vendre comme esclave pour survivre, d’autres se seraient enrichis et auraient accumulé des propriétés foncières. Eh bien, pour rappeler que personne n’est propriétaire de la terre, que nous sommes simplement des gérants, tous les 50 ans, lors d’une grande célébration de l’entrée en Canaan, chaque famille, chaque clan, chaque tribu retrouverait son lot originel. C’était une conception de la propriété privée dont nous pourrions un jour faire profit.

Donc, premier témoignage, dire la vérité. Rappeler que la croissance, cette quête sécularisée du salut, n’est pas un objectif à défendre, n’est pas un dogme intangible. Par contre, le partage juste et équitable de ce qui nous est offert est une condition pour qu’une vie commune soit possible.

Deuxième dogme à questionner : la mondialisation. D’aucuns y ont vu un accomplissement du projet universaliste de Paul, l’Apôtre des nations. Pourtant l’universalité du salut que nous propose l’Evangile n’a jamais été l’uniformisation dans une société où Coca-Cola et Mac Do sont rois. Il nous faut abandonner cette vision romano-impériale qui prétend que les grandes questions vitales se règlent par des grandes institutions dont on voudrait qu’elles soient toutes-puissantes.

On n’est pas loin du projet orgueilleux qui nous est rapporté dans le récit de la tour de Babel. On sait ce qui en est advenu. Et je pense que les expériences récentes des différents sommets de Copenhague et autres G20 ont montré l’incapacité de nos élites à coopérer. L’heure n’est plus aux enjeux de pouvoir pour assurer la sécurité des uns au détriment des autres. Il faut que, ici et là, des hommes et des femmes déterminés assument des choix courageux et que, par la vertu de l’exemplarité, se mettent en œuvre des nouveaux modes de vie, des nouvelles manières de produire et d’échanger. De même que les cercles de silence rassemblent ceux qui résistent aux tentations xénophobes, de même les cercles de partage pourront être demain ces lieux de résistance à un monde fou et dérisoire et constituer les germes d’une vie commune libre, apaisée, solidaire et accueillante.

La vie nouvelle attendue ne sera pas le résultat de grandes négociations internationales mais la démultiplication de grumeaux de convivialité qui feront lever la pâte d’un monde meilleur dont la gestation est semblable à celle de ces petites ecclésioles qui, au début de l’ère chrétienne « là où deux ou trois étaient réunis », furent les petits cailloux blancs d’une route sur laquelle les pèlerins d’un royaume de paix et de justice se retrouvaient en confiance.

Et une conviction doit animer sans relâche les bâtisseurs de cet avenir : Nous vivons depuis plusieurs siècles sur l’idée que l’homme est nuisible à l’homme et que seul un encadrement sévère des comportements, une contractualisation serrée des échanges, peuvent apporter la sécurité du vivre-ensemble. La méfiance est le moteur pervers d’une dynamique sociale où le rapport de force fait office de norme. Pourtant, à l’usage, on sait à quels étouffements ceci conduit. Aussi – et c’est là que l’Evangile nous ouvre à une alternative – l’autre n’est pas le délinquant potentiel qui vient me menacer dans mes biens ou dans ma vie, dont je dois me méfier, mais un frère avec qui je peux faire un bout de chemin pour construire, dans une utilité partagée, un espace et un temps bénéfiques.

Il est vrai que nous avons tous notre part d’obscurité, notre face sombre. Mais véritablement – et là-dessus se joue le réalisme de la Parole à laquelle nous croyons, sa force de transfiguration – le risque de la foi qui fait crédit à celui que nous croisons est source de vie, tandis que le risque dont nous voulons nous prémunir pour parer à toute éventualité malheureuse est virus mortel. D’une société de défiance prête à assurer sa sécurité à n’importe quel prix, il nous faut passer à une société de confiance, audacieuse, courageuse, libérée de la peur, pour que demain soit possible.

Alors, s’il en est ainsi, la crise qui nous inquiète, qui nous fait peur, est probablement une crise salutaire. Et, plutôt que de nous réfugier dans des idolâtries éphémères que nous impose un système en ruines, il nous faut être reconnaissant de ce moment charnière qui se profile, un moment propice à déverrouiller nos imaginaires, un moment de discernement pour toucher à l’essentiel. Demain peut-être nous faudra-t-il, comme bien d’autres dans des contrées hostiles, nous contenter de moins, de peu, et en être reconnaissants. L’heure n’est plus à se satisfaire de produits préfabriqués et superflus, mais à sauvegarder l’indispensable dans un climat de justice et de partage et, pour cela, il nous faut retrouver la ferveur. La ferveur des joies simples : avoir un toit, se nourrir, se réjouir, prendre soin des autres…

Si la parole des prophètes Esaïe, Michée annonçant ce monde où le loup et l’agneau paissent ensemble, où l’on ne fait pas de tort, où une nation ne tire plus l’épée contre une autre, si cette parole a trouvé sa réalité en Jésus Christ, alors nous ne pouvons pas douter. Ce rêve est une réalité, cette utopie est à portée de voix, à portée de main. C’est le moment, l’instant à saisir. Sur ce chemin, chrétiens et hommes et femmes de bonne volonté, nous sommes appelés ensemble. Chacun peut trouver en lui les forces pour y croire et pour en témoigner. Chrétiens, nous n’avons rien de plus que les autres, nous ne sommes pas différents. Mais nous devons simplement brûler de ce feu qui ne s’éteint jamais, le feu d’une passion sans limite pour que ce monde soit bon, comme Dieu l’a voulu dès la création.