Groupe très féminin (1 homme). Intérêt des participants très divers. Contamination des sources par les nitrates (Normandie), pollution de l’eau en Bretagne, lutte pour le retour de la gestion de l’eau au service public (Arras)…

Bernard (RDC), et Dora (Cameroun) : chez nous il pleut en abondance, pourtant les enfants tombent malades parce que l’on est obligés de boire l’eau des rivières, où les gens font leurs besoins.

Autres faits qui posent question :

  • A Arras l’eau distribuée est de bonne qualité potable. Les habitants utilisent cette eau potable pour laver les sols les vêtements, pour prendre leur douche ou pour faire la vaisselle, mais ils ne la boivent pas, préférant l’eau en bouteille.

  • Lorsqu’on fait un camp scout, on va vivre au fin fond de la nature et on porte l’eau. Pourtant les normes exigent que l’on utilise de l’eau potable même pour se laver ou ses vêtements. D’où obligation de charrier de grosses quantités d’eau en bombonnes !

Atelier très vivant et animé ! On n’arrivait pas à se quitter.

Contexte :

2015 : négociations intergouvernementales pour prolonger les Objectifs du Millénaire pour le Développement sous la forme d’Objectifs de Développement Durable.

Réseau 0ecuménique pour l’Eau du 8 au 11 décembre prochain, séminaire sur les fondements théologiques du « Pèlerinage pour la Justice de l’Eau »

Exposé

Le droit d’accès à l’eau, reconnu droit humain fondamental par l’ONU en 2010, recouvre l’accès à l’eau potable et des toilettes correctes.

Cette exigence met les gouvernements en face de leur responsabilité d’organiser le service public de l’eau et de l’assainissement (défini comme des toilettes correctes) et de diffuser une culture de l’hygiène. Même si la ressource est gratuite, cela comporte des coûts d’infrastructures (dimension économique) et des responsabilités (donc une dimension de travail humain) donc le service de l’eau ne peut être gratuit (+ encourager l’économie) mais doit rester abordable pour les plus pauvres.

Les ressources hydriques (sources, nappes souterraines, rivières) sont des biens communs à gérer de façon démocratique en tenant compte d’une multiplicité d’intérêts (publics et privés) et de valeurs à concilier.

Question

Peut-on recommander des positionnements ou attitudes particuliers dans cette problématique à partir de notre foi chrétienne ?

Dissensus

  • Sur la question de la gestion privée de services publics. Il faudrait plus de temps pour approfondir les questions que cela pose. Néanmoins accord sur le fait qu’il peut y avoir des niveaux de profit inacceptables.

Consensus du groupe

  • Dans les luttes, quelle que soit la position que l’on adopte, éthique de reconnaissance humaine de l’adversaire. Il importe de créer le dialogue là où il n’existe pas.

  • Usage de l’information : question de la vérité-exactitude. Comment présente t’on l’information ?

  • Retrouver les liens que fait l’eau entre les habitants, leurs activités, leurs déchets et la nature sur un territoire.

Ex de Corinne : on a aussi quelque chose à dire sur le sens de la responsabilité. En Alsace dans une commune où un agriculteur compostait des boues d’épuration urbaines pour les transformer en fertilisants pour le sol, les voisins étaient dérangés par les odeurs. Un jour de réunion de conciliation à la mairie, un monsieur en colère a dit « il n’a qu’à prendre ses boues et s’en aller ». J’ai eu du mal à lui faire prendre conscience que ce n’était pas les boues de l’agriculteur, mais ses boues à lui, en tant que citoyen-habitant.

Vis-à-vis du Sud :

  • Coopération décentralisée : Mieux faire connaître les possibilités offertes par la loi Oudin, depuis 2006 (une surtaxe de 1c sur le m3 d’eau au Nord (qui coute 3 euros en moyenne) peut alimenter un fonds pour développer un service d’eau au Sud), en développant une relation humaine de coopération entre les responsables de collectivités au Nord et au Sud.

  • Dans la relation d’aide, le Nord, avec la complicité des gouvernements, a trop souvent imposé les contenus et les formes des programmes avec ses valeurs et sa rationalité, en satisfaisant des interêts qui ne sont pas ceux des populations. Attention à l’écoute de la différence culturelle et au respect des personnes que l’on souhaite aider.