La fête de Pâques est un temps central dans la vie des chrétiens. Les différents événements que nous célébrons interrogent notre foi, notre engagement, notre sens des responsabilités et notre détermination à agir au service de Dieu et des autres.

Cette année, La France accueillera en décembre 2015 la 21ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique, et c’est à la lumière de cet événement que nous voulons relire cette année le récit de la Passion et de Pâques.

« Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23.34). Le message de Jésus au moment de sa crucifixion ne peut manquer de nous frapper, car nous savons ce que nous faisons. Les preuves scientifiques s’accumulent et la réalité du réchauffement climatique, tout comme son origine essentiellement humaine, ne peut plus être sérieusement contestée. Pour autant, ce constat ne répond pas à la question du rôle que nous avons à jouer en tant que chrétiens. Les responsables des Églises nous ont invités avant Noël à nous interroger : avons-nous pris toute la mesure de la confession d’un Dieu créateur qui, par l’incarnation de son Fils, a choisi de partager la condition de créature ?

Oeuvre de Dieu, cette Création nous a été confiée. Elle nous a été offerte avec une double injonction : « dominer et soumettre » (Genèse 1.28) mais aussi « cultiver et garder » (Genèse 2.15). Il n’y a là nulle contradiction. Si nous avons un pouvoir légitime sur le monde, nous avons également un devoir envers lui, c’est l’essence même de toute responsabilité. Le récit du lavement des pieds nous rappelle que le maître doit d’abord être au service (Jean 13.4-11). La conférence des Nations Unies sur le changement climatique rassemblera des délégations de près de 200 pays. Quelle sera notre implication, notre responsabilité face à des enjeux mondiaux et à une négociation internationale ?

Là encore, le récit de Pâques et de la Passion peut nous aider à répondre. Jésus dit à ses disciples : «Restez éveillés et priez pour ne pas tomber dans la tentation. L’esprit de l’homme est plein de bonne volonté, mais son corps est faible » (Matthieu 26.41). Rester éveillés, c’est déjà se renseigner, chercher à comprendre ce que sont les changements climatiques et leurs causes. C’est aussi rester vigilants, interpeller nos responsables politiques à tous les échelons en leur posant cette simple question : et vous, qu’est-ce que vous faites pour le climat ? Et bien sûr prier pour que nos dirigeants parviennent à trouver ensemble des solutions pour la planète.

Pour autant, la deuxième partie de cette interpellation ne doit pas être oubliée. Chacun, à titre individuel est plein de bonne volonté pour le climat. Nul ne souhaite la fonte des glaciers et la multiplication des catastrophes naturelles qui obligera des millions de personnes à abandonner leur terre. Mais que suis-je prêt à faire individuellement pour éviter cela ou, à tout le moins, pour aider les pays les plus pauvres à faire face aux conséquences d’une pollution dont nos pays développés restent historiquement les principaux responsables ? A quoi suis-je prêt à renoncer ? Ne dois-je pas dès à présent apprendre ou réapprendre à vivre dans la simplicité et la modestie ?

Le message de Pâques appelle à la confiance. La vie a vaincu la mort. C’est le défaitisme qui est vaincu. C’est la promesse d’une vie nouvelle. C’est le refus de baisser les bras face à l’ampleur apparente de la tâche.

En tant que mouvements d’éducation populaire, nous travaillons activement à éduquer les jeunes à la contemplation et au respect de la Création. Mais nous les invitons aussi à rechercher l’essentiel et à savoir, parfois, renoncer au superflu… Une façon de vivre « plus sobre et plus solidaire » pour reprendre à nouveau les termes des responsables des Églises dans leur message de Noël. Le scoutisme démontre depuis plus de cent ans qu’une vie de simplicité, de collaboration, une vie en harmonie avec notre environnement est une vie qui comble de joie, en plus d’être un mode de vie qui préserve le climat.

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !